Pour un Travailleur Non Salarié (TNS), la question de la retraite ne se pose pas de la même manière que pour un salarié. Les cotisations sociales des indépendants restent souvent moins élevées. En conséquence, les régimes obligatoires offrent une protection plus faible. Capitaliser par soi-même devient donc une obligation absolue pour maintenir son niveau de vie futur.
Heureusement, le législateur offre aux TNS des leviers fiscaux puissants. Ils bénéficient de plafonds de déduction nettement supérieurs à ceux des salariés du privé. Cependant, un choix crucial s’impose : faut-il opter pour un Plan d’Épargne Retraite (PER) individuel ou collectif ?
La structure de votre entreprise dicte votre premier choix. Si vous travaillez seul, sans aucun collaborateur, vous n’avez qu’une option : le PER individuel (le compartiment 1). C’est l’outil classique pour déduire vos versements de votre revenu imposable.
Pourtant, une opportunité majeure s’ouvre dès que vous embauchez. Si vous employez au moins un salarié, même à temps partiel, le PER collectif (le compartiment 2) devient accessible. Cette règle s’applique également si vous travaillez avec votre conjoint collaborateur. Ce « détail » transforme radicalement votre stratégie patrimoniale. Il permet de passer d’une simple épargne personnelle à un système d’optimisation global pour l’entreprise et son dirigeant.
Le PER collectif brille par un mécanisme spécifique : l’abondement. Dans ce système, l’entreprise complète les versements personnels du dirigeant et des salariés. La loi permet à l’entreprise de verser jusqu’à trois fois le montant que vous avez épargné. Cette contribution patronale est plafonnée à 16 % du Plafond Annuel de la Sécurité Sociale (PASS), soit 7 536 € pour l’année 2025.
Prenons un exemple concret pour illustrer cette puissance. Pour un coût de 1 000 € pour l’entreprise, le bénéficiaire (dirigeant ou salarié) reçoit environ 903 € d’épargne nette. Pourquoi ? Parce que l’abondement bénéficie d’une exonération d’impôt sur le revenu et de cotisations sociales salariales. Seule la CSG-CRDS (9,7 %) s’applique.
Pour le dirigeant TNS, l’intérêt est double. Non seulement il se constitue une épargne à moindre coût, mais l’abondement est également déductible du bénéfice imposable de sa société. De plus, il échappe au forfait social dans la plupart des petites structures. Le PER collectif génère ainsi mécaniquement plus de capital qu’un contrat individuel pour un effort financier identique.
La différence entre les deux dispositifs se poursuit jusqu’au moment de la retraite. Le PER collectif offre un avantage comparatif majeur sur la fiscalité des gains.
Avec un PER individuel, les versements volontaires ont permis de réduire vos impôts à l’entrée. En contrepartie, au moment de la sortie, l’État taxe le capital au barème de l’impôt sur le revenu. Les plus-values, elles, subissent généralement la « flat tax » de 30 %.
Le PER collectif fonctionne différemment pour la part issue de l’abondement. À la sortie, les plus-values sont totalement exonérées d’impôt sur le revenu. Elles ne supportent que les prélèvements sociaux (actuellement 17,20 %). Ce gain de près de 13 % sur la performance nette change la donne sur un placement de long terme.
Si vous n’avez pas de salarié, le PER individuel reste votre outil de référence pour défiscaliser. Cependant, méfiez-vous de la complexité administrative. Pour un TNS, les modalités déclaratives ressemblent parfois à un casse-tête chinois.
Vous disposez de deux méthodes d’imputation pour vos versements :
L’imputation sur le revenu global de l’année précédente.
L’imputation sur les revenus catégoriels de l’année en cours.
En 2025, les plafonds atteignent des sommets. Un indépendant pourrait théoriquement déduire jusqu’à 124 229 € de versements. Ce calcul cumule 37 094 € au titre des bénéfices de 2024 et 87 135 € basés sur ceux de 2025. Une telle manœuvre fiscale ne supporte aucune erreur. L’appui d’un expert devient indispensable pour valider ces chiffres auprès de l’administration fiscale.
Le passage au PER est aussi l’occasion de faire le ménage dans ses vieux contrats « Madelin ». Fin 2024, on comptait encore plus d’un million de ces contrats en cours. Le transfert vers un PER moderne offre trois avantages indiscutables :
la liberté de versement : le contrat Madelin vous obligeait à verser une somme minimale chaque année. Le PER supprime cette contrainte. C’est un atout majeur pour les indépendants dont les revenus fluctuent.
la sortie en capital : le Madelin imposait une sortie en rente viagère. Le PER permet de récupérer 100 % de son capital en une seule fois ou de manière fractionnée.
la qualité financière : les nouveaux PER offrent souvent des frais plus bas et un accès à des supports d’investissement plus variés (immobilier, private equity, fonds responsables) que les anciens contrats.
Toutefois, ne signez pas les yeux fermés. Vérifiez les frais de transfert et assurez-vous de ne pas perdre un « taux de rente garanti ». Certains vieux contrats offrent des conditions de conversion en rente très avantageuses que le PER ne pourra pas égaler.
Naviguer entre PER individuel, collectif et transferts de contrats Madelin demande une analyse précise de votre situation professionnelle et familiale. Situé au Bouscat, le cabinet Aetrenia Patrimoine s’est spécialisé dans l’accompagnement des travailleurs non salariés et des chefs d’entreprise de la métropole bordelaise.
Nous ne nous contentons pas de vendre un produit financier. Nous réalisons un audit complet de votre protection sociale et de votre stratégie fiscale. Que vous soyez artisan, profession libérale ou dirigeant de PME au Bouscat, notre cabinet vous aide à choisir le compartiment du PER le plus rentable selon votre structure. Notre expertise permet d’optimiser l’abondement pour vos salariés tout en maximisant votre propre épargne retraite. Avec Aetrenia Patrimoine, vous transformez vos obligations de retraite en de véritables leviers de croissance pour votre patrimoine privé.