La baisse continue de son rendement et la concurrence agressive de l’assurance-vie bousculent le placement préféré des Français. L’an dernier, ce produit historique a subi une décollecte record, les ménages choisissant massivement de transférer leurs économies vers des supports plus rémunérateurs.
« Je pensais le livret A intouchable, mais il perd aujourd’hui de sa superbe », regrette Delphine. L’annonce du ministre de l’Économie, Roland Lescure, confirmant le passage du taux de 1,7 % à 1,5 % au 1er février, agit comme un déclic. Pour les 57 millions de détenteurs, ce nouveau recul signifie que l’État divise par deux la rémunération du livret en seulement un an.
Cette situation pousse de nombreux épargnants à sortir de leur passivité. Delphine, comme beaucoup d’autres, entame désormais une véritable « étude de marché » pour dénicher des alternatives et se dit prête à transférer l’intégralité de ses fonds.
Certains épargnants ont anticipé la chute du taux en vidant leur compte dès 2025. Pour la première fois depuis 2015, les Français ont retiré plus d’argent qu’ils n’en ont déposé sur ce support. Selon la Caisse des dépôts, la décollecte totale atteint 2,12 milliards d’euros sur l’année écoulée.
Wladimir, trentenaire averti, illustre parfaitement ce désintérêt : ses 10 000 euros ne lui ont rapporté que 200 euros l’an dernier. Jugeant ce gain dérisoire, il a tout retiré pour investir dans l’immobilier. Avec un taux à 1,5 %, un livret au plafond ne rapportera plus que 324 euros par an, soit une perte de rémunération de plus de 150 euros par rapport à l’année précédente.
Le recul du livret A favorise directement d’autres outils financiers. Estelle, 25 ans, a rapidement compris le potentiel de la diversification : elle délaisse son livret pour un PEL à 2 % et une assurance-vie visant un rendement de 4 %.
Philippe Crevel, directeur du Cercle de l’épargne, confirme que les ménages arbitrent désormais en faveur de l’assurance-vie. Ce mouvement de capitaux explique les résultats exceptionnels de ce placement en 2025, qui enregistre une collecte nette de plus de 50 milliards d’euros, un sommet inégalé depuis 2010.
Malgré cette désaffection, de nombreux Français conservent leur livret pour sa liquidité immédiate. Thibaut y garde une somme de précaution, son « matelas de sécurité », tout en dynamisant le reste de ses revenus via un PEA (Plan d’Épargne en Actions) et un PER (Plan d’Épargne Retraite).
D’autres, comme William ou Marguerite, privilégient la tranquillité d’esprit. Ils acceptent une rémunération faible en échange de fonds mobilisables instantanément en cas d’aléa. Le spécialiste Philippe Crevel rappelle d’ailleurs que le livret A reste « incontournable » car il rapporte toujours plus que les livrets bancaires ordinaires, dont la moyenne stagne à 0,75 %.
Pour une partie des épargnants, le livret A demeure une question de confiance et de simplicité. Charlotte, qui avoue manquer de connaissances financières, préfère ne prendre aucun risque pour l’épargne de son fils. De même, Imane sature son livret par habitude et sécurité, malgré une rémunération qui ne couvre plus l’inflation. Ce manque d’ambition financière reflète souvent une méconnaissance des mécanismes de marché et une crainte légitime de la perte en capital.
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