Préparation retraite
Retraite dans 5 ans : sécuriser son capital et créer un complément de revenus
Votre départ approche. Dès lors, deux questions dominent toutes les autres. D’abord, comment protéger le capital déjà constitué. Ensuite, comment le transformer en revenus réguliers. Voici une méthode en quatre étapes, illustrée par un cas chiffré hypothétique.
Cinq ans avant le départ, l’horizon change tout
À cinq ans de la retraite, votre horizon se raccourcit. Pourtant, il ne s’arrête pas le jour du départ. En effet, votre épargne devra encore financer vingt à trente années de vie. Cette nuance modifie profondément la stratégie à retenir.
Deux objectifs distincts, deux poches distinctes
Beaucoup d’épargnants confondent ces deux objectifs. Pourtant, ils appellent des réponses opposées.
- Sécuriser. Vous protégez la somme que vous consommerez dans les cinq à huit premières années de retraite.
- Faire durer. Vous conservez une poche investie, afin de compenser l’inflation sur la durée.
Autrement dit, vous ne sécurisez pas tout. Vous sécurisez surtout ce que vous dépenserez bientôt.
Le calendrier légal, à vérifier avant le plan financier
Votre âge de départ dépend de votre année de naissance. Or ce calendrier a bougé récemment. Depuis le 1er septembre 2026, le décalage progressif de l’âge légal se trouve suspendu. Ainsi, les assurés nés en 1964 et au premier trimestre 1965 partent à 62 ans et 9 mois. Ensuite, la progression reprend jusqu’à 64 ans pour la génération 1969. Vous pouvez vérifier votre situation sur le site officiel service-public.gouv.fr.
Donc, fixez d’abord votre date de départ probable. Construisez ensuite le plan de revenus.
Étape 1 : chiffrer votre déficit de revenus
Estimer sa pension avec les bons outils
Commencez par votre relevé de carrière. Ce document recense vos trimestres et vos points Agirc-Arrco. Par ailleurs, une estimation indicative globale vous parvient automatiquement à partir de 55 ans. Vérifiez chaque ligne avec attention. En pratique, les carrières hachées, les périodes d’apprentissage et les emplois à l’étranger produisent souvent des oublis. De plus, une correction demande plusieurs mois. Cinq ans avant le départ, vous disposez donc du bon moment pour agir.
Mesurer l’écart en euros, pas en pourcentage
Le taux de remplacement rassure ou inquiète, mais il ne pilote rien. À l’inverse, un écart mensuel en euros oriente immédiatement les décisions. Prenons un exemple volontairement simple.
Exemple hypothétique, hors fiscalité
| Revenus nets actuels | 4 500 € / mois |
| Train de vie visé à la retraite | 3 600 € / mois |
| Pension estimée, base et complémentaire | 2 400 € / mois |
| Déficit à couvrir | 1 200 € / mois |
Résultat, 14 400 € manquent chaque année. Cette cible guidera ensuite chaque arbitrage.
Étape 2 : sécuriser sans stériliser le capital
Réduire le risque par paliers
La désensibilisation progressive consiste à baisser l’exposition aux marchés par étapes. Chaque année, vous transférez une fraction vers des supports plus stables. Ainsi, vous lissez les points d’entrée et de sortie. À l’inverse, un basculement total réalisé en une seule fois vous expose au risque du mauvais moment.
Les répartitions ci-dessous illustrent cette logique. Elles ne constituent évidemment pas une recommandation personnalisée.
Illustration : à 15 ans du départ
| Poche sécurisée | 30 % |
| Poche exposée au risque | 70 % |
Illustration : à 5 ans du départ
| Poche sécurisée | 60 % |
| Poche exposée au risque | 40 % |
Ne pas confondre sécurité et immobilité
Une épargne entièrement sécurisée perd du pouvoir d’achat quand l’inflation dépasse son rendement. Or vous vivrez peut-être trente ans après votre départ. Par conséquent, une part investie reste souvent utile. Cependant, cette part doit correspondre à votre tolérance au risque, et non à un modèle théorique.
Point clé
Vos cinq dernières années de vie active servent à deux choses. D’abord, vous continuez à épargner. Ensuite, vous réorganisez l’existant. Le second levier pèse souvent plus lourd que le premier.
Étape 3 : construire le complément de revenus
Trois mécaniques principales permettent de générer ce complément. Chacune présente une logique différente. En pratique, une combinaison donne souvent le meilleur équilibre.
Les trois mécaniques de revenus
- Les rachats programmés. Vous retirez chaque mois une somme fixe de votre assurance-vie. Vous gardez la main sur le montant. En revanche, vous consommez progressivement le capital.
- Les revenus de la pierre-papier. Les SCPI distribuent des loyers potentiels, sans gestion locative directe. Toutefois, ni le rendement ni le capital ne sont garantis.
- La rente viagère. Elle vous verse un revenu jusqu’à votre décès. Néanmoins, l’aliénation du capital devient définitive, sauf option de réversion prévue au contrat.
Combien de capital pour 1 200 € par mois
Deux réponses coexistent. D’une part, vous pouvez viser une distribution régulière sans toucher au capital. Avec un rendement net hypothétique de 4 %, il faudrait alors environ 360 000 €. D’autre part, vous pouvez consommer le capital progressivement. Dans ce second cas, environ 250 000 € produiraient un peu plus de 1 100 € par mois pendant 25 ans, sur la base d’un rendement annuel hypothétique de 2,5 %.
Ces montants restent des illustrations pédagogiques. Ils ne tiennent compte ni de la fiscalité, ni des frais, ni de l’inflation.
Étape 4 : raisonner en revenu net après impôt
Un revenu brut ne paie aucune facture. Ainsi, seule la somme réellement disponible compte. Voici les trois régimes que vous croiserez le plus souvent.
Fiscalité, les repères 2026
- Assurance-vie de plus de huit ans. Seuls les gains contenus dans le rachat supportent l’impôt. De plus, un abattement annuel de 4 600 € s’applique, porté à 9 200 € pour un couple soumis à imposition commune. Les prélèvements sociaux de 17,2 % restent dus.
- Plan d’épargne retraite. Vos versements se déduisent du revenu imposable, dans la limite de votre plafond. Pour un salarié, ce plafond va de 4 710 € à 37 680 € au titre de 2026. En contrepartie, la part correspondant aux versements déduits sera imposée à la sortie.
- Revenus fonciers et SCPI. Les loyers perçus rejoignent votre revenu imposable, au barème progressif, majoré de 17,2 % de prélèvements sociaux. Une tranche marginale élevée réduit donc fortement le revenu net.
En résumé, la fiscalité change souvent le classement des solutions. Par conséquent, comparez toujours après impôt, jamais avant.
Les risques à mesurer avant de décider
!Aucune solution ne combine rendement, sécurité et liquidité
- Risque de perte en capital. Les unités de compte et les SCPI ne présentent aucune garantie. La valeur peut baisser.
- Risque de liquidité. La revente de parts de SCPI dépend du marché. Elle peut prendre du temps.
- Risque lié à la durée. Les performances passées ne préjugent jamais des performances futures.
- Risque fiscal et réglementaire. Les règles évoluent. Une stratégie doit donc rester adaptable.
Pour qui cette démarche a du sens
Cette approche s’adresse d’abord aux personnes qui remplissent l’une de ces conditions.
- Vous partirez dans trois à sept ans et vous ignorez le montant exact de votre pension.
- Votre épargne dort sur des livrets ou sur un fonds en euros, sans objectif précis.
- Votre patrimoine repose principalement sur l’immobilier physique.
- Votre tranche marginale reste élevée pendant vos dernières années d’activité.
Chiffrons ensemble votre futur revenu
Un premier échange permet de poser votre date de départ, votre déficit et vos marges de manoeuvre.
Questions fréquentes
À cinq ans de la retraite, faut-il tout sécuriser ?
+
Rarement. Vous sécurisez surtout les sommes destinées aux premières années de retraite. En revanche, le reste conserve un horizon long, puisque votre épargne devra durer plusieurs décennies. Le bon dosage dépend ensuite de votre profil de risque et de vos projets.
Le PER garde-t-il un intérêt à cinq ans du départ ?
+
Souvent, oui. En effet, les dernières années d’activité correspondent fréquemment à la tranche marginale la plus élevée. La déduction produit alors son effet maximal. Toutefois, la sortie sera imposée. Le gain net dépend donc de l’écart entre votre taux d’imposition aujourd’hui et celui de votre retraite.
Quel capital faut-il pour obtenir 1 000 € par mois ?
+
Tout dépend de votre choix. Si vous souhaitez préserver le capital, comptez environ 300 000 € pour un rendement net hypothétique de 4 %. Si vous acceptez de le consommer sur vingt-cinq ans, environ 225 000 € suffiraient avec un rendement annuel hypothétique de 2,5 %. Ces ordres de grandeur ignorent volontairement la fiscalité et les frais.
Faut-il solder son crédit immobilier avant de partir ?
+
La réponse dépend du taux du prêt et de l’usage du capital mobilisé. Un remboursement anticipé allège la charge mensuelle, ce qui rassure. Cependant, il réduit aussi l’épargne disponible pour produire des revenus. Comparez donc le coût réel du crédit avec le rendement attendu de votre placement.
Rente viagère ou rachats programmés : que choisir ?
+
La rente sécurise un revenu à vie, mais elle aliène le capital. Les rachats programmés préservent la souplesse et la transmission, tout en exposant au risque d’épuisement. Par conséquent, beaucoup de situations appellent une combinaison des deux, calibrée selon vos revenus garantis et vos objectifs de transmission.
Sources
- Service-public.gouv.fr, âge de départ à la retraite d’un salarié, fiche F14043, consultée le 9 septembre 2026.
- Info-retraite.fr, relevé de carrière et estimation indicative globale.
- Urssaf, plafond annuel de la sécurité sociale 2026 fixé à 48 060 €.
- Impots.gouv.fr, plafonds de déduction de l’épargne retraite au titre de 2026.
- Autorité des marchés financiers, information sur les risques des placements et des SCPI.
Cet article présente une information générale à caractère pédagogique. Il ne constitue ni un conseil en investissement personnalisé, ni une recommandation d’achat ou de vente, ni une consultation juridique ou fiscale. Les exemples chiffrés restent hypothétiques et servent uniquement l’illustration.
Les placements évoqués comportent un risque de perte en capital et un risque de liquidité. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Les revenus potentiels ne sont pas garantis. Le traitement fiscal dépend de la situation individuelle de chacun et peut évoluer.
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