PER : ce qu’il change sur le revenu final et sur la fiscalité à la sortie

Aeternia Patrimoine

Retraite · Fiscalité

On présente souvent le PER par sa déduction d’impôt. Pourtant, son vrai résultat se lit à la sortie, quand le fisc reprend une partie de l’avantage. Capital en une fois, capital étalé ou rente : voici ce qui reste réellement dans votre poche, avec un cas chiffré.

Calculatrice et documents fiscaux sur un bureau
La sortie du PER se prépare plusieurs années à l’avance.

Un report d’impôt, pas une exonération

En pratique, chaque euro déduit à l’entrée redevient imposable à la sortie. Le PER ne supprime donc pas l’impôt : il le décale dans le temps.

Tout se joue alors sur deux écarts. Le premier sépare votre tranche marginale d’actif de celle de la retraite. Le second dépend de la façon dont vous récupérez l’épargne.

Notre article PER ou assurance-vie : la vraie grille de décision traite du choix de l’enveloppe. Ici, l’enjeu est différent : mesurer ce que le plan rapporte une fois l’impôt de sortie payé.

Les quatre régimes de sortie

La fiscalité croise deux critères : l’option choisie à l’entrée (versements déduits ou non) et le mode de sortie (capital ou rente). Le tableau ci-dessous résume les quatre combinaisons pour les versements volontaires.

Situation Part des versements Part des gains ou rente Prélèvements sociaux
Capital, versements déduits Barème de l’impôt, sans abattement Prélèvement forfaitaire de 12,8 % 18,6 % sur les gains
Capital, versements non déduits Exonérée Prélèvement forfaitaire de 12,8 % 18,6 % sur les gains
Rente, versements déduits Barème, après abattement de 10 % Même traitement que la part des versements Sur une fraction de la rente selon l’âge
Rente, versements non déduits Fraction imposable selon l’âge Même traitement Sur la même fraction

Ce que le tableau ne dit pas

D’abord, pour une rente, l’assiette des prélèvements sociaux dépend de l’âge au premier versement. Elle atteint 40 % entre 60 et 69 ans, puis 30 % au-delà. Ainsi, pour une rente perçue à 64 ans, les prélèvements sociaux ne frappent que 40 % du montant.

À l’inverse, la sortie en capital de versements déduits ne profite d’aucun abattement. Elle s’ajoute simplement aux autres revenus de l’année. C’est précisément là que le piège se referme.

Le cas de Karine : un même capital, trois façons de sortir

Les hypothèses

Karine, 50 ans, célibataire et cadre, se situe dans la tranche à 30 %. Elle verse 5 000 € par an sur un PER pendant quatorze ans et déduit chaque versement. Son économie d’impôt atteint 1 500 € par an, soit 21 000 € au total.

Supposons ensuite un rendement de 3 % par an, net de frais. À 64 ans, son plan vaudrait environ 88 000 €, dont 70 000 € de versements et 18 000 € de gains. Sa pension imposable serait de 24 000 € par an, ce qui la place dans la tranche à 11 %.

Ce cas reste hypothétique et simplifié : il ignore la décote, les autres revenus et l’évolution du barème. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.

Exemple hypothétique · Karine à 64 ans
Versements déduits (14 ans) 70 000 €
Gains accumulés (3 % par an) 17 995 €
Économie d’impôt à l’entrée 21 000 €
Impôt forfaitaire et prélèvements sur les gains 5 650 €
Gains taxés à 12,8 % plus 18,6 % de prélèvements sociaux, quel que soit le rythme de sortie en capital.

Sortir tout le capital la même année

Les 70 000 € de versements s’ajoutent alors à la pension. Le revenu imposable de l’année grimpe à plus de 91 000 €, et une large fraction bascule dans les tranches à 30 % et 41 %.

Résultat : 20 257 € d’impôt sur la part des versements. Karine rend donc au fisc presque toute l’économie obtenue pendant quatorze ans. Son capital net tombe à 62 088 €.

Étaler le capital sur cinq ou dix ans

Le PER autorise des retraits fractionnés. Sur cinq ans, des retraits annuels de 14 000 € débordent encore sur la tranche à 30 %, pour 13 420 € d’impôt au total.

Sur dix ans, en revanche, chaque retrait de 7 000 € reste dans la tranche à 11 %. La facture descend à 7 700 €, et le capital net remonte à 74 644 €. Karine conserve cette fois 13 300 € de son avantage initial.

Convertir le plan en rente viagère

Avec un taux de conversion supposé de 4 %, le plan servirait une rente d’environ 293 € brut par mois. Après impôt et prélèvements sociaux, il resterait près de 242 € mensuels.

L’impôt annuel reste modeste, autour de 348 €. Sur vingt-cinq ans, il cumule toutefois 8 711 €. Surtout, l’assureur verse la rente à vie, mais le capital ne revient pas aux héritiers, sauf option de réversion ou d’annuités garanties.

Capital en une fois 20 257 € d’impôt
Capital sur 5 ans 13 420 € d’impôt
Rente sur 25 ans 8 711 € d’impôt
Capital sur 10 ans 7 700 € d’impôt
Point clé

Pour un même plan, l’impôt sur les versements varie du simple au presque triple selon le mode de sortie. La tranche marginale de retraite se mesure donc avec les retraits, jamais sans eux.

Si la retraite reste en tranche à 30 %

Changeons un seul paramètre : Karine perçoit désormais 45 000 € de pension imposable. Sa tranche marginale reste alors à 30 % après le départ.

Dans ce scénario, l’étalement ne sauve rien. Sur cinq ou dix ans, l’impôt de sortie égale exactement les 21 000 € économisés. Pire, un retrait unique coûte 23 852 €, soit davantage que l’avantage d’origine.

Le PER garde néanmoins un intérêt. En effet, Karine peut placer chaque année l’impôt économisé et le faire fructifier pendant quatorze ans. Encore faut-il réellement réinvestir cette somme plutôt que la dépenser.

Ce que le PER change sur le revenu final

Un complément plus qu’un revenu de remplacement

Rapportée à la pension de Karine, la rente nette représente environ 12 % de sa pension brute. Le capital étalé sur dix ans apporte, lui, près de 7 460 € nets par an pendant cette période.

Autrement dit, le PER finance une étape ou un confort, rarement tout l’écart avec le salaire. Pour chiffrer ce manque, notre méthode pour calculer son déficit de revenus à la retraite propose trois étapes.

Le bon mode de sortie selon le projet

  • Capital étalé : utile pour garder la main sur l’épargne et lisser la fiscalité, à condition de programmer les retraits sur plusieurs années.
  • Rente viagère : adaptée à qui craint de vivre longtemps sans revenu garanti, au prix d’un capital aliéné.
  • Sortie mixte : une part en rente pour la sécurité, une part en capital pour les projets.

Enfin, le choix ne se fait pas à l’ouverture. Sauf option irréversible pour la rente, il intervient au moment du départ, ce qui laisse le temps d’arbitrer.

Les sorties anticipées et leur fiscalité

Les accidents de la vie

Décès du conjoint, invalidité, surendettement ou fin de droits au chômage permettent de débloquer le plan avant la retraite. Dans ces cas, la part des versements échappe à l’impôt sur le revenu.

Seuls les gains supportent alors les prélèvements sociaux. Cette souplesse reste réservée à des situations précises, listées par le code monétaire et financier.

L’achat de la résidence principale

Ce déblocage suit en revanche la fiscalité normale d’une sortie en capital. Un retrait important la même année que l’achat peut donc coûter cher, pour les mêmes raisons que dans le cas de Karine.

Ce qui a changé en 2026

  • Prélèvements sociaux à 18,6 %. La hausse de la CSG sur les revenus du capital s’applique aux retraits du PER depuis le 1er janvier 2026, contre 17,2 % auparavant.
  • Fin de la déduction à 70 ans. Depuis le 1er janvier 2026, les versements effectués à partir de cet âge n’ouvrent plus droit à déduction.
  • Report des plafonds sur cinq ans. Les montants non utilisés se reportent désormais sur cinq années au lieu de trois.
  • Plafonds 2026. Un salarié peut déduire de 4 710 € à 37 680 € selon ses revenus professionnels.

Pour le détail officiel, l’actualité de Service-public consacrée aux nouvelles règles fiscales du PER en 2026 récapitule ces mesures.

Les risques à garder en tête

!Avant de verser ou de sortir
  • Liquidité. L’épargne reste bloquée jusqu’à la retraite, hors cas de déblocage anticipé prévus par la loi.
  • Perte en capital. Les unités de compte du plan peuvent baisser, y compris juste avant le départ.
  • Fiscalité future. Le barème de sortie sera celui de l’année du retrait, pas celui d’aujourd’hui. Il peut donc évoluer défavorablement.
  • Rente irréversible. Une fois la rente liquidée, impossible de revenir à une sortie en capital.
Pièces de monnaie empilées et plante
Étaler les retraits permet souvent de limiter l’impôt de sortie.

Pour qui cette analyse est-elle utile ?

  • Vous détenez déjà un PER et approchez du départ sans stratégie de sortie.
  • Votre tranche marginale actuelle atteint 30 % ou 41 % et pourrait baisser à la retraite.
  • Un achat immobilier se prépare et vous envisagez un déblocage anticipé.
  • Entre rente et capital, vous hésitez encore sur le bon équilibre.

Un calendrier de sortie se construit plusieurs années avant le départ. Parlons de votre plan lors d’un rendez-vous découverte, sans engagement.

Prendre rendez-vous

Questions fréquentes

Comment est imposée la sortie en capital d’un PER ?

+

Lorsque vous avez déduit vos versements, leur part suit le barème de l’impôt sur le revenu, sans abattement. Les gains subissent le prélèvement forfaitaire de 12,8 % et 18,6 % de prélèvements sociaux. En l’absence de déduction à l’entrée, le fisc ne taxe que la part des gains.

Vaut-il mieux sortir du PER en capital ou en rente ?

+

Tout dépend du projet et de la tranche marginale. Le capital étalé sur plusieurs années limite souvent l’impôt, tandis que la rente garantit un revenu à vie mais ne se transmet pas, sauf option prévue au contrat.

Peut-on fractionner la sortie en capital d’un PER ?

+

Oui. Vous pouvez en effet étaler les retraits sur plusieurs années. Cette méthode évite qu’un gros retrait fasse basculer le revenu dans une tranche supérieure.

Quels prélèvements sociaux s’appliquent au PER en 2026 ?

+

Depuis le 1er janvier 2026, les retraits du PER supportent 18,6 % de prélèvements sociaux, contre 17,2 % auparavant. Pour une rente, ils portent sur une fraction du montant qui dépend de l’âge au premier versement.

Que devient le PER en cas de décès ?

+

Pour un PER assurantiel, l’âge au décès détermine le régime : avant 70 ans, chaque bénéficiaire profite d’un abattement de 152 500 € ; après, un abattement global de 30 500 € s’applique. Seul un notaire peut toutefois établir le règlement de la succession.

Sources

  • Service-public, actualité A18841, PER : nouvelles règles fiscales en 2026 (mise à jour du 29/04/2026).
  • Loi de finances pour 2026, barème de l’impôt sur le revenu revalorisé de 0,9 %.
  • Loi de financement de la sécurité sociale pour 2026, hausse de la CSG sur les revenus du capital.
  • Code monétaire et financier, article L224-4 (cas de déblocage anticipé).
  • La finance pour tous, La fiscalité de la rente viagère.
Article à caractère informatif, rédigé le 25 septembre 2026 sur la base de la réglementation en vigueur à cette date. Il ne constitue ni un conseil en investissement personnalisé, ni une consultation fiscale ou juridique. Les exemples chiffrés sont hypothétiques et simplifiés, et les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Le PER présente un risque de perte en capital sur les unités de compte et un risque de liquidité, l’épargne étant indisponible jusqu’à la retraite hors cas prévus par la loi. Toute souscription suppose la remise préalable de la documentation réglementaire (DIC, notice, conditions générales). Les questions de succession relèvent de la compétence exclusive du notaire. Aeternia Patrimoine, SAS au capital de 1 000 €, RCS Bordeaux 844 761 809, 81 boulevard Pierre 1er, 33110 Le Bouscat. Conseiller en investissements financiers (CIF) membre de la CNCGP, association agréée par l’Autorité des marchés financiers (AMF). Immatriculée à l’ORIAS sous le n° 19000750 (www.orias.fr). Activité de courtage en assurance sous le contrôle de l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR).

Lire nos actualités

FISCALITÉ - PARTICULIERS - Placements

La Lettre du Patrimoine | Newsletter Aeternia Patrimoine

BOURSE/FINANCE

Bitcoin et cryptoactifs : quelle place dans une stratégie patrimoniale ?

Placements

Fonds euros et unités de compte : ce que ça change vraiment

SCPI

SCPI en direct ou dans une assurance-vie

PARTICULIERS - Placements

Comprendre le GFV, groupement foncier viticole

Placements

Les Groupements Fonciers Viticoles (GFV) : une solution de diversification patrimoniale